La malédiction du Pharaon

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Dans les années 1930, l’ésotérisme antique est venu étreindre les consciences occidentales contemporaines. La découverte de la tombe du désormais célèbre Toutankhamon a donné naissance à un mythe contemporain chez les journalistes, les archéologues et le grand public : celui de la malédiction du Pharaon.

 

Carnarvon

Le pourvoyeur de fonds : Lord Carnarvon

 

Vallée des Rois, 1922

Tout commence en 1922. Deux Anglais, Lord Carnarvon et Howard Carter, organisent d’importantes fouilles dans la Vallée des Rois. C’est un endroit célèbre en Égypte, où de nombreux souverains se trouvent inhumés. Les deux chercheurs veulent découvrir une sépulture nouvelle.

Lord Carnarvon est le pourvoyeur de fonds : il est richissime et passionné d’égyptologie. Howard Carter est un jeune égyptologue de talent.

 

 

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L’égyptologue : Howard Carter

 

 

Le tombeau de Toutankhamon

Au bout de plusieurs semaines, alors que l’équipe et les ouvriers commençaient à se désespérer de trouver quoi que ce soit, Carter découvre une marche enfouie dans le sol. Cette marche, une fois déblayée, mène à l’entrée d’un tombeau : l’expédition a fait une découverte. Les premiers pas de l’archéologue dans la tombe sont un enchantement : la sépulture est inviolée, les trésors sont légion et le sarcophage est magnifique. C’est celui d’un pharaon mort très jeune : Toutankhamon. Le personnage est alors inconnu de l’historiographie. Rappelons que c’est cette découverte archéologique qui l’a fait passer à la postérité.

Le tombeau de Toutankhamon

Le tombeau de Toutankhamon

Des craintes précoces

Si Howard Carter -resté seul en Égypte car Lord Carnarvon est rentré en Angleterre- est extatique, ce n’est pas le cas de ses ouvriers égyptiens. Ces hommes savent par tradition que les anciens Égyptiens ne supportaient pas qu’on viole leurs sépultures. Les puissants qui se faisaient enterrer prenaient bien soin de maudire par des inscriptions murales quiconque oserait violer les tombeaux.

Fait plus troublant, qui paralyse les ouvriers : la veille, le beau canari de Carter, mascotte de l’équipe, a été dévoré par un cobra s’étant introduit dans sa cage. Le cobra est l’animal protecteur des pharaons. L’équipe égyptienne tremble sérieusement.

Tutankhamen [RF: Misc.];Howard Carter

Lord Carnarvon dans Le tombeau de Toutankhamon

Une découverte exceptionnelle

Aussitôt prévenu, Lord Carnarvon se précipite en Égypte.

On entreprend d’établir l’inventaire des objets qui se trouvent dans la tombe. Celle-ci est si riche que la liste des objets découverts met des semaines à être établie. Quelques heureux amis des deux Anglais sont invités entre temps à visiter la dernière demeure de Toutankhamon.

L’événement est de taille. Il est rarissime de retrouver une sépulture inviolée, et encore plus rare quand il s’agit de celle d’un pharaon. Ces tombes regorgeaient de tant de trésors qu’elles étaient très régulièrement vidées, et ce dès l’Antiquité.

 

Réactions en chaîne

Quelques temps après, les décès commencent. D’abord anecdotiques, ils finissent par attirer l’attention de la presse du monde entier tant ils sont rapprochés et mystérieux. Presque tous ceux qui ont approché le tombeau décèdent dans d’atroces souffrances.

D’abord, Lord Carnarvon tombe gravement malade, piqué semble-t-il par un moustique local. Il meurt dans la nuit du 5 avril 1923. On raconte que cette nuit là, toutes les lumières du Caire se sont mystérieusement éteintes.

Puis les décès ne s’arrêtent plus : le docteur qui a examiné la momie de Toutankhamon suit Carnarvon de près ; le conservateur des antiquités égyptiennes du Louvre meurt d’une congestion en sortant de la tombe ; puis c’est au tour d’un autre conservateur, celui du musée de New York, qui avait aidé Carter a défoncer la porte d’entrée de la sépulture.

Au total, une vingtaine de personnes décèdent subitement après avoir visité la dernière demeure de Toutankhamon.

 

Propagation du mythe

La presse de l’époque s’empare de l’histoire, y voyant un mystère intéressant et une bonne occasion de vendre du papier. Les Égyptiens, quant à eux, sont consternés. Ils savent par tradition que leurs ancêtres possédaient des pouvoirs allant au-delà de l’imagination.

C’est à ce moment que de célèbres écrivains et artistes s’intéressent à cette histoire : Agatha Christie, Arthur Conan Doyle produiront peu  après des chefs d’œuvre littéraires sur ce thème. On y voit aujourd’hui une espèce de croyance bêta des contemporains occidentaux, rêvant d’exotisme, mais ces histoires reflètent à l’époque une lourde réalité.

 

Quelques explications ?

Aujourd’hui encore, on se passionne pour cette histoire de malédiction. De nombreux scientifiques se sont penchés sur la question, et chacun y va de son interprétation : il y aurait des bactéries, des virus, de la poussière malsaine, des champignons allergènes, en cause dans cette histoire.

Un dernier élément vient conforter les détracteurs de ce mythe : il n’est rien arrivé au héros de l’expédition. Howard Carter, devenu mondialement célèbre après cette aventure, a fini ses jours bien des années plus tard, et paisiblement.

 

Toujours est-il que cette histoire est intéressante à bien des égards. La malédiction est peut-être un fantasme, mais les décès sont réels. Cela nous apprend surtout que des croyances vieilles de plusieurs milliers d’années peuvent encore nous affecter, au-delà du temps.

 

 

 

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